Promouvoir son livre

La promotion d’un livre est délicate. Chaque auteur voudrait bénéficier de la mise en lumière qu’ont certains écrivains déjà bien installés dans le paysage culturel. Mais il y a des sorties de livres chaque jour, des centaines de nouveautés chaque année. Alors comment capter l’attention des lecteurs ? Tous ne lisent pas des dizaines de romans par an, il faut donc réussir à attirer leur attention pour susciter leur intérêt au milieu de l’offre pléthorique disponible.

Nous allons commencer par la promotion via les réseaux sociaux. Il s’agit d’un élément important. Ils sont nombreux, chacun a sa spécificité et dans ce domaine il faut pouvoir compter sur les influenceurs, plus souvent des influenceuses. Ensuite, nous parlerons plus spécifiquement de la promotion « traditionnelle », les lecteurs sont encore majoritairement influencés dans leur choix par la presse et les conseils des libraires. Nous terminerons par le vecteur de promotion le plus puissant, que pourtant personne ne peut contrôler.

Facebook

Facebook

Nous commençons donc cette série d’articles sur la promotion du livre avec le réseau social le plus ancien et le plus évident : Facebook. On y parle beaucoup de livres. De nombreux groupes de lecteurs sont formés et bien installés, qui partagent leurs découvertes littéraires. Cela englobe bien sûr les influenceurs, qui ont leur propre page sur laquelle ils partagent leurs avis. Mais aussi des groupes ouverts à tous, où chacun échange son avis sur ses lectures. Les influenceurs sont très sollicités. Il y en a toujours qui débutent et sont donc plus accessibles, mais une grande partie a déjà son public et ses partenariats. Il est assez difficile pour un auteur seul d’atteindre ces influenceurs, c’est un peu plus facile pour la maison d’édition.

Les influenceurs

Que faut-il regarder pour savoir si un influenceur est pertinent pour un ouvrage ? La première étape est de consulter ses précédentes chroniques, pour savoir dans quel genre littéraire l’influenceur s’est spécialisé. Certains ne lisent que de la science-fiction, quand d’autres affectionnent la fantasy, le polar ou la romance. Ensuite, il faut regarder le nombre de personnes qui suivent le profil ou la page de l’influenceur. Mais ce n’est pas la seule donnée à observer, il faut aussi essayer d’estimer le taux d’engagement. C’est-à-dire le nombre de personnes qui réagissent à chaque chronique, le nombre de commentaires et de partages. On peut être suivi par peu de personnes, mais si ces dernières sont très actives, commentent et partagent, c’est évidemment un bon signe.

Solliciter des influenceurs est un excellent moyen de faire parler d’un livre. Bien entendu, les chroniques sont libres, donc il se peut que toutes ne soient pas positives. C’est un peu comme les commentaires sur les sites de vente en ligne : on ne peut pas plaire à tout le monde. Les pages Facebook qui permettent à un grand nombre de personnes de poster leurs avis sont plus rares. Souvent, les auteurs s’y inscrivent et font la promotion de leur ouvrage. Ainsi, très rapidement, sur ces groupes, chacun finit par parler de lui, de ce qu’il a publié, fait sa propre promotion. C’est une manière supplémentaire de mettre en lumière son livre mais ces pages deviennent rapidement confuses et perdent en crédibilité. Ce qu’il faut faire en tant qu’auteur, c’est suivre les pages qui sont pertinentes (selon le genre de livre que vous publiez) et participer en commentant, partageant… plutôt que de ne parler que de soi.

La page auteur

Faut-il se créer une page auteur ? Définitivement, oui. Avant tout pour dissocier son profil Facebook personnel où l’on partage des photos de ses vacances et de ses repas de famille de la page qui n’évoquera que le ou les livres. C’est le lieu pour parler de soi en tant qu’auteur, partager les bonnes critiques, annoncer les événements, engager les internautes, être accessible et ouvert aux questions de ces derniers. Attention à ne pas créer une page pour le livre, on le voit souvent. Ces pages sont éphémères, puisqu’elles ne parlent que d’un livre et lorsque le suivant sort il faut créer une nouvelle page. Il vaut mieux avoir sa page auteur, plus pérenne, car avoir des « followers » est un long travail qu’on ne veut pas recommencer à chaque fois.

La page de la maison d’édition, elle, est à part. Elle sert la promotion de tous les ouvrages publiés mais est aussi une page de référence. Lorsque le lecteur s’intéresse à un livre, d’un auteur qu’il ne connaît pas, il va sans doute avoir pour réflexe de se rendre sur Facebook. Il apprécie d’y trouver la page de l’auteur. Il apprécie aussi de visiter la page de la maison d’édition, s’il ne la connaît pas non plus. Dans les deux cas ces pages doivent être dynamiques. S’il n’y a pas régulièrement des publications, l’effet est dissuasif. Sur Internet, il faut du neuf en permanence, on ne peut pas se contenter de poster une fois par mois. La page de la maison d’édition est aussi un lieu d’échange, entre les lecteurs, les futurs auteurs, chacun peut poser des questions, commenter, s’informer. Cela fait bien partie de la promotion générale du ou des ouvrages. On a confiance dans un auteur ou une maison d’édition qui nous répond… rapidement.

La publicité

Enfin, sur Facebook il y a la promotion payante. Il est très simple de créer une publicité. Il faut quand même bien regarder les conseils donnés par Facebook pour créer une publicité qui pourra toucher les bonnes personnes, les lecteurs et les lectrices susceptibles d’être intéressés par le livre. Il est quand même délicat d’avoir recours à cette solution. Pensez toujours à votre comportement sur le réseau social pour mieux cerner ce que les autres attendent. Dans ce cas précis, nous sommes nombreux à ne pas supporter les publicités sur notre fil d’actualité. On vient sur Facebook pour se détendre, s’amuser, parfois chercher des idées de lecture. Une publicité suscite souvent la méfiance. Nous ne les aimons pas à la télévision, nous ne les apprécions pas non plus sur les réseaux sociaux.

En résumé

Facebook reste un réseau social primordial pour parler de livres. C’est là que la plupart des lectrices et lecteurs viennent se renseigner avant de faire leur choix. C’est sur ce réseau que les lecteurs sont les plus dynamiques, partagent le plus. Il faut être disponible, il s’agit bien d’un lieu d’échange avec les lecteurs ou potentiels lecteurs. Il faut être intéressant et poster du contenu régulièrement pour capter l’attention sur le long terme. Nous allons voir en quoi Twitter est moins pertinent dans ce domaine et pourquoi Instagram est au contraire un réseau sur lequel il faut absolument être présent…

Par Jean-Philippe Vest, avril 2021.

Twitter

Faut-il être présent sur Twitter en tant qu’auteur ? Ce réseau social est le plus connu après Facebook. Il est pourtant d’une nature bien différente. Il s’agit d’un média de l’instantanéité. Le message une fois publié doit immédiatement être vu, apprécié, retweeté ou commenté avant de disparaître dans la longue file des messages qui sont postés toutes les minutes par les milliers d’utilisateurs. Bien entendu, on fonctionne ici aussi avec un fil d’actualité puisque chacun peut voir et se concentrer sur les publications des personnes qu’il suit. Le tout reste quand même très éphémère.

Comment et quoi écrire

Il faut bien évidemment adapter son style d’écriture, puisque le nombre de caractères est limité. N’oubliez pas non plus de toujours joindre une image, les messages qui n’en comportent pas ne sont généralement pas lus. Il est indispensable de s’adapter à la manière dont les internautes consomment les réseaux sociaux : en faisant défiler les informations et s’arrêtant quelques secondes supplémentaires quand une image est attirante.

Comme pour tous les réseaux sociaux il n’est pas question de se contenter d’écrire : « Je vends un livre à tel prix, achetez-le ». Cela ne fonctionne jamais ! Chacun se doute que si vous parlez de votre livre, c’est pour inciter à l’acheter et à le lire. On se rend sur les réseaux sociaux pour se divertir ou pour chercher une information précise. Sur Twitter l’attention est rapidement détournée par les tendances, ces sujets qui cumulent plusieurs tweets.

Les hashtags

Il est plus difficile de se créer une communauté de followers sur Twitter. Toujours parce que nous sommes dans le domaine de l’éphémère. Il est nécessaire, une fois de plus, d’être actif sur le réseau pour le rendre intéressant. En postant souvent, toujours des messages différents et aussi en aimant et en retweetant, voire en commentant les messages des autres. Il ne faut jamais oublier de s’impliquer car c’est la base du réseau social : si vous ne retweetez pas d’autres comptes, personne ne viendra s’intéresser à ce que vous postez. Encore une fois tout ceci est chronophage, mais indispensable.

Avec Twitter il faut aborder l’importance des hashtags (#). Ils permettent à votre message d’être plus visible, au milieu de tous les autres, par celles et ceux qui ont un centre d’intérêt particulier. Pensez donc aux hashtags les plus pertinents pour votre publication. Imaginons que vous parliez d’un recueil de nouvelles, vous pouvez alors y ajouter : #livre #nouveaute #nouvelles #lecture. Vous verrez que lorsque vous commencez à écrire votre hashtag, le site vous en propose plusieurs dans la même catégorie, ce qui permettra de vous inspirer pour en ajouter. L’arobase (@) permet d’identifier un autre compte, pour que votre message apparaisse dans son fil d’actualité. Par exemple, si vous êtes édité chez nous et que vous ajoutez @SoufflesLit nous verrons votre message et pourrons le partager.

Nous encourageons les auteurs à participer au hashtag « #vendredilecture », qui comme son nom l’indique permet de poster, chaque vendredi, sa lecture du moment. Cet hashtag est très suivi, il faut donc trouver une manière subtile de parler de votre livre sur ce fil d’actualité.

La pertinence du réseau

Twitter n’est sans doute pas le réseau social à privilégier. Son utilisation s’est beaucoup modifiée ces dernières années. Maintenant, les internautes s’y rendent pour voir ce qui fait le buzz, ce qui est en tendance et se désintéressent de tout le reste. À un moment donné il faudra choisir sur quels réseaux sociaux vous focaliser, on ne peut pas être présent et actif partout. Sans doute que Twitter ne devra pas être votre priorité. À moins, bien entendu, que votre livre ne soit directement lié à un fait d’actualité ou un thème qui revient très souvent en tendance…

Par Jean-Philippe Vest, avril 2021.

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